Le vol se passe comme d'habitude, c'est-a-dire bien hormis les quelques fois ou nous avons tous cru mourir, thanks to the turbulences.
A peine mon sac recupere, je cherche febrilement l'office de tourisme, dont tous mes guides m'indiquent la presence d'une antenne a l'aeroport. En fait d'office de tourisme, il n'y a que des agences de voyage, ce que nient en bloc toutes les personnes que je rencontre, evidemment. On essaie de me trainer d'agence en agence, je commence a voir rouge et passe a deux doigts d'insulter tout le monde.
Zen attitude et full contact spirit, je finis par sortir et recupere mon bus a 1.15 F$ au lieu des taxis a 20 F$. Le trajet -20 min a peu pres- est cool, le bus tout bringuebalant et je me sens comme dans le sous-continent indien. Direction : Downtown, ou le centre ville de Nadi, la capitale touristique puisque c'est ici qu'atterrit la quasi totalite des voyageurs.
Enfin, capitale, il faut le dire vite, Nadi, c'est avant tout une rue, longue certes, mais regulierement entrecoupee d'immenses espaces vides. Un groupe de mini-villages en somme. Downtown pourrait etre anime mais, he, on est dimanche, alors pas trop. Arrivee au terminus, je cherche mon futur quartier de residence et on m'explique que je dois prendre le bus vers l'aeroport et m'arreter a mi-chemin.
Donc revenir en arriere. Je deglutis lentement, des envies de meurtre sur moi-meme me prennent mais je temporise : hors de question de refaire le chemin inverse en bus, je vais marcher.
La, je prends pleinement conscience de la betise humaine, la mienne en l'occurrence. Plutot que de prendre 10 min (bon, en realite, c'etait plutot 20 min, mauvais calcul) en bus, j'ai mis plus d'une heure a rejoindre, entre bagages et chaleur assommante, un village situe a, quoi, 400 m de l'aeroport. Tout ca parce que j'ai betement cru que les cartes des guides de voyage n'etaient pas a l'echelle.
Donc que TOUTES les cartes de TOUS mes guides etaient erronees. Tout ca parce que je trouvais l'aeroport trop proche des hotels, et que ca n'avait pas de sens.
La connerie humaine n'a pas de limites, j'en suis la preuve vivante.
Bref, arrivee au premier hotel cheap que je vois (15 F$ la nuit, B&B et Internet gratuit, c'est un bon plan), je suis assez emerveillee par la chose. Construction en bois hyper chaleureuse, grande piscine au milieu des bungalows, jardin luxuriant ultra entretenu, accueil super souriant, c'est le paradise...
J'y apprendrai a mes depens et assez rapidement que, oui, on peut construire des hotels a quelques metres des pistes de decollage de l'aeroport international des Fidji.
Mais surtout, j'y fais une rencontre bien marrante, celle de Katja, une Allemande qui se balade en Oceanie depuis quelques mois deja. Elle affiche un sourire "on me la fait pas a moi" qui me fait bien marrer. On partage la meme chambre, female dormitory, et elle exerce son francais avec moi. J'avoue que ce n'est pas la premiere fois et que ca me fatigue un peu de devoir parler francais lentement et essayer de comprendre ce que les gens disent. Je ne comprends pas pourquoi les gens essaient toujours sur moi leurs competences linguistiques, bien que je trouve l'effort louable.
Une rencontre sympa, qui prend fin le lendemain puisqu'elle prend son vol de retour pour Auckland.
Quant a moi, je reste sur place, a boire du kava et faire des longueurs dans la piscine, histoire d'echapper aux mosquitos. En douceur, sans trop se presser, sans s'inquieter du temps qui passe outre mesure. C'est, comme sur toutes les iles tropicales du monde entier, un concept a lui tout seul. Ici, on l'appelle Fiji Time.
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