lundi 5 avril 2010

Bula bula bula bula bula bula

Ca va bientot faire dix jours maintenant que je suis aux Fidji, et je commence un peu a saturer.
Les "bula" en permanence (ok, ca veut dire "bonjour", mais ca veut surtout dire "come on, j'ai trop des trucs de malade a te vendre, allez, va-z-y, viendez quoi!"), les avances a deux balles, les "t'es mariee? T'es toute seule?! Ah, t'es toute seule..." *sourire entendu*, les remarques pseudophilosophiques sur la liberte des femmes en Occident... Plus ca va, et plus ca me saoule. Je ne parle meme pas des attentes sempiternelles qu'un truc se passe, qui evidemment n'arrive jamais. Ce matin, j'ai attendu trois heures un coup de fil avant de retourner dans ma chambre. Ca fait maintenant 5 heures que je poireaute tranquillement.
Bah, tranquillement n'est pas exactement le terme. J'ai clairement autre chose a foutre, notamment aller en ville pour croiser les personnes avec qui je dois partir demain, si tout se passe bien, et si non, organiser mon voyage toute seule. Bref, j'ai du pain sur la planche. Mais je ne peux m'organiser sans ce fichu coup de fil. Cerise sur le gateau, un Fidjien vient d'integrer le dortoir, que l'on va donc devoir partager a deux, alors que pendant dix jours j'ai reussi a faire de tous mes lieux de sejour des "female dormitory".
Donc cette journee s'annonce mal, je sens qu'il va falloir que je m'y fasse.
Sinon, cette semaine etait marrante, j'etais dans le meme hotel que deux equipes nationales de football venues disputer un derby : en rentrant de l'entrainement ils se plongent dans un baril de glace puis dans la piscine. Je te raconte pas l'etat de la piscine apres... Ils sont super nombreux et font un boucan de malade et, surtout, la veille de match, se mettent une vieille ruine a la biere+kava. Avec un tel regime, je comprends mieux pourquoi le football fidjien n'est pas au top.

samedi 3 avril 2010

Fiji Time

Le vol se passe comme d'habitude, c'est-a-dire bien hormis les quelques fois ou nous avons tous cru mourir, thanks to the turbulences.
A peine mon sac recupere, je cherche febrilement l'office de tourisme, dont tous mes guides m'indiquent la presence d'une antenne a l'aeroport. En fait d'office de tourisme, il n'y a que des agences de voyage, ce que nient en bloc toutes les personnes que je rencontre, evidemment. On essaie de me trainer d'agence en agence, je commence a voir rouge et passe a deux doigts d'insulter tout le monde.
Zen attitude et full contact spirit, je finis par sortir et recupere mon bus a 1.15 F$ au lieu des taxis a 20 F$. Le trajet -20 min a peu pres- est cool, le bus tout bringuebalant et je me sens comme dans le sous-continent indien. Direction : Downtown, ou le centre ville de Nadi, la capitale touristique puisque c'est ici qu'atterrit la quasi totalite des voyageurs.
Enfin, capitale, il faut le dire vite, Nadi, c'est avant tout une rue, longue certes, mais regulierement entrecoupee d'immenses espaces vides. Un groupe de mini-villages en somme. Downtown pourrait etre anime mais, he, on est dimanche, alors pas trop. Arrivee au terminus, je cherche mon futur quartier de residence et on m'explique que je dois prendre le bus vers l'aeroport et m'arreter a mi-chemin.
Donc revenir en arriere. Je deglutis lentement, des envies de meurtre sur moi-meme me prennent mais je temporise : hors de question de refaire le chemin inverse en bus, je vais marcher.
La, je prends pleinement conscience de la betise humaine, la mienne en l'occurrence. Plutot que de prendre 10 min (bon, en realite, c'etait plutot 20 min, mauvais calcul) en bus, j'ai mis plus d'une heure a rejoindre, entre bagages et chaleur assommante, un village situe a, quoi, 400 m de l'aeroport. Tout ca parce que j'ai betement cru que les cartes des guides de voyage n'etaient pas a l'echelle.
Donc que TOUTES les cartes de TOUS mes guides etaient erronees. Tout ca parce que je trouvais l'aeroport trop proche des hotels, et que ca n'avait pas de sens.
La connerie humaine n'a pas de limites, j'en suis la preuve vivante.
Bref, arrivee au premier hotel cheap que je vois (15 F$ la nuit, B&B et Internet gratuit, c'est un bon plan), je suis assez emerveillee par la chose. Construction en bois hyper chaleureuse, grande piscine au milieu des bungalows, jardin luxuriant ultra entretenu, accueil super souriant, c'est le paradise...
J'y apprendrai a mes depens et assez rapidement que, oui, on peut construire des hotels a quelques metres des pistes de decollage de l'aeroport international des Fidji.
Mais surtout, j'y fais une rencontre bien marrante, celle de Katja, une Allemande qui se balade en Oceanie depuis quelques mois deja. Elle affiche un sourire "on me la fait pas a moi" qui me fait bien marrer. On partage la meme chambre, female dormitory, et elle exerce son francais avec moi. J'avoue que ce n'est pas la premiere fois et que ca me fatigue un peu de devoir parler francais lentement et essayer de comprendre ce que les gens disent. Je ne comprends pas pourquoi les gens essaient toujours sur moi leurs competences linguistiques, bien que je trouve l'effort louable.
Une rencontre sympa, qui prend fin le lendemain puisqu'elle prend son vol de retour pour Auckland.
Quant a moi, je reste sur place, a boire du kava et faire des longueurs dans la piscine, histoire d'echapper aux mosquitos. En douceur, sans trop se presser, sans s'inquieter du temps qui passe outre mesure. C'est, comme sur toutes les iles tropicales du monde entier, un concept a lui tout seul. Ici, on l'appelle Fiji Time.

Il va y avoir du sport...

Le depart pour les Fidji fut relativement epique. Apres avoir pose pour trois semaines mes affaires (une nouvelle valise pleine de souvenirs, gifts, prospectus et autre laptop) a la reception de l'hotel, je me dirige tranquillement vers l'aeroport en me remettant doucement de la murge de la veille. Le soir precedent, j'ai traine mes guetres dans un bar bonde qui, une fois n'est pas coutume, passe autre chose que Lady GaGa en boucle. J'y ai rencontre quelques vieux loups de mer aux cheveux longs et nombreux tatoos tres sympas qui, en plus de me proposer un tour en bateau pour Waiheke Island, une des iles phares de la baie d'Auckland, me glissent gentiment de quoi faire un joint dans mon paquet de clopes. On se dit a dans trois semaines et on se quitte.
Rentree a l'hotel, j'essaie tant bien que mal de ranger mes affaires et m'endors du sommeil du juste.
Le lendemain est donc plus folklo, je rate plusieurs bus avant de convoler vers mon terminal, et passe enfin les formalites d'usage jusqu'au dernier guichet ou, pour la premiere fois de ma vie de petit voyageur, on decide de fouiller mon sac. Je me pose donc dans un coin pour lire mes guides en attendant sagement que jeunesse se passe. C'est en apercevant le chien sniffeur qu'une sorte de voyant rouge s'est allumee dans ma tete : "Warning - Danger". Merde, le oinj! Je commence a reflechir a l'endroit ou j'ai bien pu fichtre mon paquet de clopes et je realise qu'il est sur moi, pas dans mon sac. Et le chien a quelques metres de moi a peine...
Et la... La j'ai beni les horribles paquets de clopes neo-zelandais : garnis de splendides images de mort, foie en decoposition ou bebes sous ecstas, ils me debectent tant et si bien que je deplace systematiquement tous les matins les cigarettes d'un paquet kiwi pour la version autrement plus soft des cigaret boxes dubaiennes. Resultat, l'herbe de Waiheke est restee dans un paquet vide qui repose tranquillement au fond de la poubelle de l'hotel.
Un reveil en douceur donc, qui annonce bien l'arrivee aux Fidji...